Salman Khan, "L'éducation réinventée : Une école grande comme le monde"
Publisher: JC Lattès | 2013 | ISBN: 2709642891 | French | EPUB/MOBI/PDF | 350/207 pages | 0.4/0.7/1.2 Mb
Publisher: JC Lattès | 2013 | ISBN: 2709642891 | French | EPUB/MOBI/PDF | 350/207 pages | 0.4/0.7/1.2 Mb
Salman Khan est en train de provoquer une véritable révolution dans le monde de l’enseignement. Inaugurée aux Etats-Unis, avec aujourd’hui plus de six millions d’étudiants par mois (une croissance de plus de 400% par an), des vidéos visionnées plus de 140 millions de fois et un demi-milliard d’exercices effectués grâce à notre logiciel, la Kahn Academy se propage à une vitesse prodigieuse au Brésil, au Mexique, en Afrique… Elle sera lancée en France cet automne, avec le soutien de la Fondation Orange. A l’ère du numérique, il est enfin possible de remettre en question des techniques d’enseignement mises en place en Prusse au XIXe siècle qui n’ont pas évolué depuis.
De la simplification de fraction au calcul différentiel, de la chute de Rome à la révolution française, couvrant quasiment toutes les matières, Salman Khan a réalisé près de 4000 vidéos, accessibles gratuitement sur YouTube, de dix-huit minutes chacune – le temps optimal de concentration d’un jeune élève. Le principe est le suivant : chez lui, l’élève se repasse aussi souvent qu’il en a besoin la vidéo de son cours, et à l’école, le maître travaille les exercices et contrôle les connaissances. Le professeur est libéré des cours magistraux formatés pour permettre une réelle interaction au sein de la classe.
Ce renversement total du système a déjà donné de formidables résultats dans les écoles qui le pratiquent. Contrairement aux craintes, la technologie peut humaniser les classes, valoriser les enseignants… et même améliorer leur rémunération !
Voici un manifeste pour un enseignement profondément réinventé.
Une éducation de qualité et gratuite pour tous, partout
Je m'appelle Salman Khan. Je suis le fondateur et le premier professeur à avoir enseigné à la Khan Academy, une institution désireuse d'offrir une éducation gratuite à chacun, dans le monde entier. J'écris ce livre car je crois que notre façon d'enseigner et d'apprendre doit changer.
Le vieux modèle de la salle de classe ne correspond plus à nos besoins. Cette façon d'apprendre est fondamentalement passive, alors qu'à notre époque, nous devons adopter une démarche active. Ce modèle consiste à regrouper des élèves du même âge pour leur faire suivre un programme unique en espérant qu'ils en retiendront quelque chose. S'il était peut-être efficace il y a cent ans (et cela reste à prouver), ce n'est certainement plus le cas aujourd'hui. Les nouvelles technologies nous font entrevoir d'autres manières d'enseigner et d'apprendre, mais elles engendrent également la confusion, voire la peur ; trop souvent, elles ne constituent qu'une façade.
Entre les anciennes méthodes et les nouvelles s'est creusé un fossé dans lequel les élèves tombent tous les jours. Le monde change de plus en plus vite, mais le système, lui, évolue très lentement et rarement dans la bonne direction ; chaque jour, durant chaque heure de classe, le décalage entre ce qu'on enseigne aux enfants et ce qu'ils ont besoin d'apprendre s'accentue.
C'est facile à dire, bien sûr. Tout le monde parle d'éducation de nos jours, pour le meilleur et pour le pire. Les hommes politiques mentionnent le sujet dans chacun de leurs discours. Les parents s'inquiètent de voir leurs enfants «prendre du retard» et se faire distancer par leurs camarades. Comme en religion, il existe dans ce domaine des avis catégoriques, rarement étayés par les faits. Devrait-on donner plus de devoirs aux enfants, ou moins ? Fait-on trop de contrôles ou pas assez ? Est-ce que les examens nationaux évaluent des acquis ou simplement une capacité à comprendre la question posée ? Récompense-t-on l'initiative, la compréhension et l'originalité ou perpétuons-nous une tradition vide de sens ?
Les adultes s'inquiètent aussi pour eux. Comment entretenir notre cerveau pour qu'il ne devienne pas paresseux ? Pouvons-nous encore apprendre des choses une fois notre scolarité terminée ? Où et comment ?
Parler d'éducation et placer l'école au centre de nos préoccupations est une bonne chose, mais malheureusement ça n'aboutit jamais à rien. Les décisions politiques, nécessaires au changement, peuvent faire autant de mal que de bien. Des professeurs et des écoles remarquables ont montré que l'excellence était possible, mais leur réussite s'avère difficile à reproduire. Malgré l'énergie et les moyens déployés dans ce domaine, les progrès sont très limités. On en vient même à se demander s'il est possible d'améliorer le système éducatif.
Beaucoup de gens oublient le fondement de cette crise. Ils se concentrent sur le taux d'échec aux examens alors que le vrai problème touche aux individus et à leur avenir. Le vrai problème, c'est l'épanouissement ou non du potentiel de chacun, le maintien ou non de sa dignité.
Je m'appelle Salman Khan. Je suis le fondateur et le premier professeur à avoir enseigné à la Khan Academy, une institution désireuse d'offrir une éducation gratuite à chacun, dans le monde entier. J'écris ce livre car je crois que notre façon d'enseigner et d'apprendre doit changer.
Le vieux modèle de la salle de classe ne correspond plus à nos besoins. Cette façon d'apprendre est fondamentalement passive, alors qu'à notre époque, nous devons adopter une démarche active. Ce modèle consiste à regrouper des élèves du même âge pour leur faire suivre un programme unique en espérant qu'ils en retiendront quelque chose. S'il était peut-être efficace il y a cent ans (et cela reste à prouver), ce n'est certainement plus le cas aujourd'hui. Les nouvelles technologies nous font entrevoir d'autres manières d'enseigner et d'apprendre, mais elles engendrent également la confusion, voire la peur ; trop souvent, elles ne constituent qu'une façade.
Entre les anciennes méthodes et les nouvelles s'est creusé un fossé dans lequel les élèves tombent tous les jours. Le monde change de plus en plus vite, mais le système, lui, évolue très lentement et rarement dans la bonne direction ; chaque jour, durant chaque heure de classe, le décalage entre ce qu'on enseigne aux enfants et ce qu'ils ont besoin d'apprendre s'accentue.
C'est facile à dire, bien sûr. Tout le monde parle d'éducation de nos jours, pour le meilleur et pour le pire. Les hommes politiques mentionnent le sujet dans chacun de leurs discours. Les parents s'inquiètent de voir leurs enfants «prendre du retard» et se faire distancer par leurs camarades. Comme en religion, il existe dans ce domaine des avis catégoriques, rarement étayés par les faits. Devrait-on donner plus de devoirs aux enfants, ou moins ? Fait-on trop de contrôles ou pas assez ? Est-ce que les examens nationaux évaluent des acquis ou simplement une capacité à comprendre la question posée ? Récompense-t-on l'initiative, la compréhension et l'originalité ou perpétuons-nous une tradition vide de sens ?
Les adultes s'inquiètent aussi pour eux. Comment entretenir notre cerveau pour qu'il ne devienne pas paresseux ? Pouvons-nous encore apprendre des choses une fois notre scolarité terminée ? Où et comment ?
Parler d'éducation et placer l'école au centre de nos préoccupations est une bonne chose, mais malheureusement ça n'aboutit jamais à rien. Les décisions politiques, nécessaires au changement, peuvent faire autant de mal que de bien. Des professeurs et des écoles remarquables ont montré que l'excellence était possible, mais leur réussite s'avère difficile à reproduire. Malgré l'énergie et les moyens déployés dans ce domaine, les progrès sont très limités. On en vient même à se demander s'il est possible d'améliorer le système éducatif.
Beaucoup de gens oublient le fondement de cette crise. Ils se concentrent sur le taux d'échec aux examens alors que le vrai problème touche aux individus et à leur avenir. Le vrai problème, c'est l'épanouissement ou non du potentiel de chacun, le maintien ou non de sa dignité.
Salman Khan est né en Louisiane de parents immigrés d’Inde et du Bangladesh. Il est diplômé de Harvard et du MIT. Avant de fonder la Khan Academy, il était analyste dans un fonds spéculatif.